La FCPE du Lot a boycotté lundi 14 février 2011 le CDEN (Conseil Départemental de l’Education Nationale). Les organisations syndicales de l’éducation ainsi que les élus locaux siégeant à ce CDEN en ont fait de même. Retrouvez ci-dessous la déclaration commune FCPE - syndicats d’enseignants, membres du collectif "un pays, une école, notre avenir" :
A la suite du CTPD du 7 février dernier, et devant l’ampleur des mesures annoncées sur le département, les organisations syndicales (SE UNSA, SGEN- CFDT, CGT Educ’Action, FSU) et la FCPE ont choisi de ne pas siéger au CDEN d’aujourd’hui. L’ampleur des suppressions de postes à l’Éducation nationale (16000 cette année) se traduit sur notre département par 21 fermetures de postes essentiellement en zone rurale. Situation que nous n’avions pas connue depuis 1990. Ces suppressions entraînent bien sûr des hausses d’effectifs dans les classes mais aussi des situations fragiles qui déstabilisent le tissu rural. Par exemple, citons le cas du Regroupement Pédagogique Intercommunal de Frayssinet le Gelat et Goujounac où la fermeture d’une classe va se solder par 2 entités accueillant des élèves de 3 à 11 ans (4 niveaux par classe, l’accueil des 2 ans non assuré et une insatisfaction des parents d’élèves). Autre cas, la fermeture d’une classe à l’école élémentaire de Cajarc se justifie-t-elle avec une moyenne de presque 20 élèves par classe ? Autre point de carte scolaire, la suppression de 5 remplaçants alors que depuis la rentrée il y a eu presque 200 jours non remplacés. Mais aussi la suppression de 4 conseillers pédagogiques, étant chez nous les seuls personnels pouvant apporter un appui pédagogique aux enseignants. De plus leurs misions vont être dénaturées au service d’une administration leur demandant d’encadrer et de piloter un système comparable à une entreprise. La justification de ces mesures désastreuses par la réduction des dépenses publiques n’est pas acceptable car on engage l’avenir de l’école. C’est bien la volonté de détruire encore un autre service public, le service d’éducation. Le gouvernement doit cesser de faire croire qu’il est possible de faire mieux avec moins. Les transformations radicales qui instaurent une école de plus en plus ségrégative (rappelons ici la dernière étude PISA qui évalue les systèmes éducatifs) ne permettront pas de relever le défi de la réussite de tous les élèves et particulièrement de réduire le taux d’échec scolaire. C’est pourquoi nous avons choisi de boycotter le vote de toutes ces mesures en opposition à une administration déterminée et ne souhaitons pas participer par le vote à entériner une casse ouverte de l’école publique. Parents, élus restons mobilisés pour exiger d’autres choix éducatifs ! Faisons tous de la journée du 19 mars une forte journée de mobilisation pour affirmer la défense du service public d’éducation à l’appel du collectif « Un pays, une école, notre avenir ».
Lire l’article dans la Dépêche du 15 février 2011