Figeac le Mercredi 6 mai 2009 (20H15-22H30)
Une cinquantaine de personnes étaient présentes à l’IUT de Figeac à majorité parents d’élèves, mais aussi professeurs des écoles, directeurs d’établissement, responsables syndicaux, pour participer à la réunion d’information - débats sur les réformes du primaire initiée par l’inspection académique.
Accueilli par quelques banderoles et distribution de tract, dont une proposition d’ordre du jour assortie de questions, l’inspecteur a proposé sans être limitatif, de faire un point sur les réformes en cours et de débattre sur les sujets suivants : nouveaux programmes, aide aux élèves, évaluations CM2, enseignement des langues vivantes, école maternelle, stages de remise à niveau.
Les sujets effectivement abordés ont été :
1 Evaluations CM2 :
l’inspecteur a présenté les résultats qui étaient plutôt meilleurs pour le département qu’au niveau national (
voir article sur fcpe46.org). Il a expliqué que ces évaluations permettent de valider l’acquisition des compétences du 2
ème palier du socle commun qui en comporte trois : CE1, CM2, classe de 3
ème. Selon lui Janvier est le moment opportun pour faire passer ces évaluations en CM2 car les résultas permettent aux instituteurs de corriger les éventuels retards pris par les élèves avant leur entrée en 6
ème. Enfin il estime que les évaluations en début de 6
ème sont obsolètes car elles ne prennent pas en compte les nouvelles attentes du socle commun et qu’en conséquence les évaluations CM2 permettront de faire le suivi de l’élève du premier au second degré.
Les présents ont fait remarquer que ces évaluations ont été imposées aux enseignants, que des parties de programmes étaient évaluées sans qu’elles aient été étudiées. Que ces évaluations ont parfois été rendues incomplètes et qu’en conséquence on puisse s’étonner des résultats. Par ailleurs on s’interroge sur l’utilisation au niveau national de ces évaluations puisque c’est bien au niveau local qu’elles doivent être utilisées. De plus il y a un risque de mise en concurrence des établissements ce que l’inspecteur dément : « il n’y a pas de classement. des écoles… »
L’inspecteur ajoute que ces évaluations permettent de suivre le travail des enseignants. Il distingue ces évaluations de celles que chaque enseignant fait lors du contrôle continu sur l’année car s’il existe une liberté pédagogique pour les instituteurs, il est nécessaire que ces pratiques différenciées garantissent des résultats qu’il faut vérifier à intervalles réguliers. Il s’agit bien d’évaluer des compétences plutôt que des savoirs, notamment évaluer l’autonomie de l’élève ; il récuse le bachotage dès le primaire évoqué par une personne de l’assemblée. Ces évaluations peuvent conduire à la mise en place d’aides personnalisées (PPRE) s’il le faut.
Par ailleurs dans l’état actuel d’organisation de ces évaluations, si ces résultats servent à faire publiquement ou non des comparaisons entre les écoles, ou à juger le travail des enseignants, ce que craignent certains d’entre eux, elles risquent d’induire des pratiques qui faussent ces résultats. Enfin nous doutons que ces évaluations permettent d’autoriser des programmes spécifiques d’accompagnement des élèves en difficultés car repérer les retards est une chose, prendre les moyens de les compenser en est une autre.
2 RASED - aide personnalisée :
Pour une grande majorité des personnes présentes, la mise en place de l’aide personnalisée ne peut remplacer le rôle spécifique des RASED. L’inspecteur déclare qu’il n’y aura pas dans le Lot de suppression de postes RASED mais plutôt une restructuration progressive sur 2-3 ans qui tend vers la mise en place de 11groupes répartis sur le département constitués de 3 personnes (
un poste de psychologue, un poste E, un poste G * ). Des postes « surnuméraires » viennent pour l’instant s’ajouter à ces structures minimales s’il y a des besoins spécifiques, par exemple sur le secteur St Céré, Biars Bretenoux. Les RASED prendront en charge les élèves avec des difficultés lourdes, les autres (difficultés légères ou passagères) pouvant être pris en charge par l’aide personnalisée. L’Inspecteur précise que depuis plusieurs années le chiffre de 15% d’élèves en difficultés n’a pu être réduit, il espère que ces nouvelles dispositions permettront de réduire ce chiffre.
Des personnes de l’assemblée prétendent que l’aide personnalisée coûte cher, d’autres disent qu’avec la remise en cause des RASED c’est la casse du service public, l’école à deux vitesses, que les réformes se succèdent engendrant un véritable malaise pour les enseignants sans pour autant faire de bilans ni sur l’efficacité des RASED, ni sur l’échec scolaire en général. Par ailleurs la mise en place de l‘aide personnalisée a privé de 2 heures hebdomadaires (environ 10%) d’enseignements pour tous les autres élèves avec des programmes plus importants. Le rythme sur quatre jours est jugé épuisant pour les élèves, les journées étant trop longues notamment pour les enfants qui suivent l’aide personnalisée. Enfin d’autres signalent que les RASED permettaient de soutenir aussi les instituteurs qui sont en difficultés notamment en milieu rural où ils ne peuvent partager les problèmes auxquels ils sont confrontés du fait de leur isolement. De plus une personne signale que les RASED intervenaient encore pour repérer des élèves (sur)doués qui étaient en souffrance dans leur niveau de classe. Comment prendre en charge à Cajarc une augmentation de 800 à 1300 élèves avec le même effectif s’étonne un participant ?
L’inspecteur propose de faire le bilan de l’aide personnalisée dans un tout proche avenir (18 mai) avec les enseignants, mais que d’ores et déjà celui semble (70 personnes interrogées sur 230) que de leur point de vue positif .
Commentaire CDPE : la suppression des RASED a été annoncée en début d’année sur une échéance de 2-3 ans. Un forte mobilisation dès la rentrée, notamment des parents d’élèves et leurs représentants (
voir communiqué FCPE), a permis de modifier les intentions du gouvernement à leur sujet du moins pour l’année à venir . Si d’évidence l’aide personnalisée peut apporter un soutien scolaire non négligeable aux élèves en difficultés, peut-il remplacer pour autant les RASED ? Il est vrai que l’action des RASED peut être critiquée : trop ponctuelle, pas de lien réel avec l’enfant et la famille… mais elle permet à minima un regard extérieur, des conseils avisés pour les enseignants.
L’action des RASED n’a pas été évaluée… mais elle a été jugée inefficace. Comment jugera t’on l’aide personnalisée ? L’inspecteur propose de s’en remettre (dans un premier temps ) aux enseignants ; ensuite il y aura les évaluations mais de l’eau aura coulé sous les ponts...
Enfin une fois de plus c’est dans la précipitation que l’aide personnalisée s’est mise en place à la rentrée de septembre sans même que le conseil général soit associé pour mesurer l’impact pour le ramassage scolaire. Les conseils de classe ont du choisir sans prendre le temps d’y réfléchir posément quand aurait lieu cette aide personnalisée : temps du midi, du soir, mercredi ou samedi matin ? Le plus souvent il n’y a pas de transport scolaire permettant le rapatriement des élèves qui suivent l’aide personnalisée. La FCPE regrette que 2 heures hebdomadaires aient été perdues pour tous les élèves et demande que les
rythmes scolaires soient étalés sur quatre jours et demi pour permettre aux enfants une meilleurs écoute en classe.
3 Ecole maternelle :
forte mobilisation des parents de Figeac sur ce sujet car depuis plusieurs années des postes d’enseignants en maternelle sont supprimés. Ils reprochent que les enfants de moins de trois ans ne soient pas comptabilisés et que les effectifs trop importants dans ces classes conduisent les enfants à se sentir en insécurité. Enfin ils regrettent la fuite de ces élèves vers le privé.
L’inspecteur réfute ce dernier argument en prétendant que l’école privée « plonge » dans le Lot. Par ailleurs il considère que la scolarisation des enfants de moins de 3 ans est partielle , (seulement le matin le plus souvent), et qu’ils ne peuvent donc être comptés à part entière et qu‘enfin 43.5% des enfants de moins de 3 ans sont scolarisés dans le Lot ce qui est beaucoup. Des structures mixtes d’accueil spécifique (« jardins d’éveil ») pour les enfants de cet âge sont envisagées dont les coûts et la responsabilité partagées le matin par l’éducation nationale et l’après-midi par les municipalités. Ces discussions autour de l’école primaire ont été l’occasion de redéfinir des programmes cohérents de la maternelle au collège qui ont été communiquées aux parents par la publication de deux guides (maternelle et élémentaire).
Les parents restent très mobilisés pour conserver des moyens pour accueillir ces enfants en bas âge dans des conditions satisfaisantes.
Commentaire CDPE : après les déclarations irresponsables du ministre au sujet du rôle des enseignants de maternelle « couches culottes… », la FCPE avait réagi dans
un communiqué pour rappeler le rôle essentiel de la solarisation des plus jeunes, notamment pour éviter l’échec scolaire. Elle y dénonçait aussi la volonté de mettre à contribution à nouveau les municipalités pour prendre en charge ces dépenses pour l’éducation des enfants ce qui conduit à territorialisation de l’éducation « nationale ». La cohésion des programmes depuis la maternelle jusqu’au lycée existe depuis bien longtemps fort heureusement au moins sur le papier. Les critères permettant une harmonisation avec ceux de l’Europe sont plus nouveaux , « socle commun » en particulier.
4 Divers :
« Nous ne sommes pas des moutons » prévient une personne de l’assistance du collectif Lotois contre le fichage des enfants (Base élèves) avant de partir…
A une personne de l’assistance qui demande à l’inspecteur de reconnaître une baisse des moyens pour l’éducation dans un contexte de crise, l’inspecteur répond que le budget de l‘éducation nationale représente la part la plus importante du budget français. Selon lui l’école n’a jamais été autant porteuse de gratuité, notamment en proposant l’accompagnement éducatif et les stages de remise à niveau.
A la question d’une autre personne qui lui demande s’il est profondément en accord avec toutes ces réformes, il répond qu’il partage avec elle probablement les mêmes valeurs et les mêmes ambitions pour l’école publique : égalité des chances et réussite de tous les élèves.
A la lecture de rapports de chercheurs de haut niveau qui dénoncent les réformes actuelles faite par une personne de l’assemblée, l’inspecteur prétend pouvoir trouver d’autres études disant exactement le contraire…
Une personne rappelle que cette même journée est aussi la 3ème journée de la désobéissance dans l’éducation nationale « pour faire barrage à la destruction de l’école publique et défendre l’intérêt de l’enfant avant tout au sein d’une école du progrès pour tous » ; et qu’à cette occasion ce seront plus de 3000 enseignants qui y participeront. L’inspecteur répond qu’il ne peut tolérer ce genre d’actions et que tous les instituteurs doivent être à la fois au service du public et au service de l’état démocratique.
Le président du CDPE-FCPE remercie l’Inspecteur pour avoir organisé cette réunion d’information qui dans la forme a permis à chacun, malgré les divergences de vue, de s‘exprimer dans un respect mutuel.
Commentaire CDPE : on peut regretter que l’inspecteur nie le bien fondé des contestations majoritaires des professionnels de l’éducation à l’encontre des ces nouvelles réformes ainsi que les restrictions budgétaires qui guident celles-ci ; cette attitude est dangereuse pour l’honnêteté intellectuelle. Tout le monde est convaincu que l’éducation peut être réformée mais dans une continuité porteuse de progrès et non dans la rupture, la précipitation, et le retour aux valeurs du passé.
pour le CDPE, Philippe Caquant.
Les maîtres E (regroupements d’adaptation, dominante pédagogique)
« Elles [les aides spécialisées] sont adaptées aux situations dans lesquels les élèves
manifestent des difficultés avérées à comprendre et à apprendre alors même que
leurs capacités de travail mental sont satisfaisantes » (§II-3)
Les maîtres G (à dominante rééducative)
« Les aides spécialisées à dominante rééducative …. sont en particulier indiquées
quand il faut faire évoluer les rapports de l’enfant à l’exigence scolaire, restaurer
l’investissement scolaire ou aider à son instauration. »(§II-3)
Les psychologues scolaires
« Le psychologue scolaire organise des entretiens avec les enfants en vue de
favoriser l’émergence du désir d’apprendre et de s’investir dans la scolarité, le
dépassement de la dévalorisation de soi née de difficultés persistantes ou d’échecs
antérieurs. Il peut aussi proposer des entretiens au maître ou aux parents pour
faciliter la recherche des conduites et comportements éducatifs les mieux ajustés en
fonction des problèmes constatés (§II-3)
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