Extrait de la note n°2009-072 - juillet 2009 à Monsieur le ministre de l’Education nationale
Porte parole du Gouvernement.
Le point sur la situation : quelques débats non aboutis
La suppression des cours du samedi matin et des calendriers décalés sur les vacances scolaires a conduit à la généralisation de la semaine scolaire sur quatre jours, non sans quelques difficultés dans des villes ou des départements qui avaient précédemment opté pour la scolarisation du mercredi.
Au cours de l’année, la question des rythmes scolaires a fait l’objet de mouvements divers, dont le propos n’a pas toujours été clair, mêlant le regret de la scolarisation du samedi et le refus des deux heures d’aide personnalisée sans pour autant se prononcer clairement en faveur de la scolarisation du mercredi. Cependant, la FCPE a pris position en ce sens et une réflexion au fond sur l’évolution souhaitable des rythmes scolaires a été lancée dans plusieurs grandes villes ou par des inspecteurs d’académie.
Il n’y a pas d’évolution à attendre pour la rentrée. Les conseils d’école qui ont été consultés sur un éventuel changement n’y ont pas souscrit. Les enseignants s’y sont opposés. La scolarisation du mercredi restera le fait d’écoles isolées, et de quelques villes.
Les inconvénients se confirment
Pour autant, la situation n’est pas satisfaisante. Les conséquences du resserrement du temps scolaire se font sentir :
- Sur la fatigue des élèves et des enseignants : les constats effectués dès le premier trimestre scolaire ont été confirmés à l’issue de l’année, conduisant parfois à la suspension de l’aide personnalisée les semaines précédant les vacances scolaires ;
- Sur la réduction du temps de dialogue avec les parents : le samedi matin est supprimé, les enseignants, pris par l’aide personnalisée ou par une autre activité, ne sont plus disponibles à la sortie de l’école le soir.
- Sur le temps de concertation des enseignants : des doutes sont exprimés par l’encadrement sur la qualité (voire la réalité) des concertations qui ont lieu le vendredi soir à la fin d’une semaine chargée.
- Enfin, et surtout, sur le temps consacré aux enseignements : au terme de l’année scolaire, il se confirme que, de l’avis général des enseignants, le temps manque pour faire tout le programme d’enseignement, ce qui était d’ailleurs prévisible. L’année scolaire n’est plus que de 144 jours théoriques (quatre jours pendant 36 semaines), et 140 jours en fait, alors que la moyenne européenne est de 185 jours (Regards sur l’éducation - OCDE 2008).
La stratégie de l’évolution souhaitable
L’évolution souhaitable de la situation n’est pas dans le retour au samedi matin, que personne ne revendique, mais dans la scolarisation du mercredi matin, en vue d’alléger la journée de travail scolaire dans une semaine rééquilibrée.
La mission partage le scepticisme de l’encadrement sur une évolution spontanée : on ne peut attendre des conseils d’école qu’ils proposent des calendriers territorialement harmonisés, des maires qu’ils augmentent le budget de fonctionnement des écoles, des conseils généraux qu’ils financent plus de jours de transport scolaire.
En revanche, la position de l’encadrement, rejoint par certains enseignants, sur la stratégie du changement est plus nettement formulée : celle-ci relève de l’autorité ministérielle, qui doit fixer le cap, prendre le temps de la concertation avec les collectivités territoriales pour définir les délais nécessaires à la réorganisation des activités et des services.
Dans l’immédiat, il est indispensable de lutter contre les habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures, qui déconcentrent les élèves et qui font perdre beaucoup de temps sur les apprentissages, en prenant des mesures de restriction des empiètements tolérés, et parfois encouragés, sur le temps scolaire, en revoyant et limitant les agréments et autorisations.
Il est rappelé que les inspecteurs généraux, majoritairement favorables à la scolarisation du mercredi matin, avaient également recommandé la suppression de la procédure de dérogation, de façon à mettre la scolarisation sur neuf demi-journées à égalité de « statut » avec la semaine de quatre jours. Par ailleurs, ils avaient suggéré qu’il soit possible d’augmenter le temps hebdomadaire obligatoire pour y intégrer la prise en compte de particularités locales.
Philippe CLAUS Inspecteur général de l’éducation nationale
Odile ROZE Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche
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