Le rapport de Richard Descoings est publié. Vous pouvez le consulter ici ,
ou l’obtenir au format pdf .
Les préconisations données en conclusion du rapport envisagent trois ( ??) choix possibles. Le troisième , celui de la concertation qui semble avoir d’ores et déjà été retenu par le Président de la république n’envisage pas de convier les associations de parents d’élèves mais seulement les élèves et les syndicats enseignants. Est ce vraiment un oubli ?
Le gouvernement va devoir choisir le degré d’évolution qu’il veut et pense pouvoir conduire au lycée, à ce moment précis de la société française, avec ses tensions, ses contradictions, ses aspirations et puis l’état des finances publiques et de leur répartition.
Ce premier choix aura de nombreux et puissants soutiens.
Ce premier choix aura de nombreux et puissants soutiens mais, bien sûr, il aura aussi des contempteurs. C’est à qui s’indignera le plus d’un recul, du triomphe des conservatismes, du simulacre démontré qu’est la consultation qui a donné lieu à ces quelques pages.
S’il était retenu, ce choix serait explosif. Le degré d’inégalité supporté par les spoliés du système devient proprement insupportable. « L’élitisme républicain » ravage une jeunesse de plus en plus défiante à l’égard des pouvoirs (les médias comme les partis politiques, les élites économiques comme les élites intellectuelles) et des discours. Sous cet angle, le déséquilibre des voies et des filières et ce qu’on appelle « orientation » couvrent de plus en plus maladroitement un tri social.
Le rééquilibrage des séries au sein de la voie générale
Le choix des scenarii et le devenir de la centaine de préconisations inspirées du terrain et présentes dans ce rapport dépendent désormais de la volonté des politiques, des partenaires sociaux et des membres de la communauté éducative.
Les choix qui seront faits sont aussi des choix de société. Comme l’est celui de la méthode employée pour mener le changement et qui tient en trois mots : confiance, responsabilisation et loyauté.
Confiance et considération pour tous ceux dont l’éducation est le métier. Confiance qui conduit à les écouter et à prendre en compte ce qu’ils disent. En partant du principe qu’ils détiennent au moins une part de la vérité sur ce qu’il y a à faire pour améliorer le lycée en France. Confiance en leur expertise et en leur engagement. Confiance pour que dans un cadre national dûment établi, il y ait place pour une certaine souplesse dans le fonctionnement, une place pour l’initiative locale, pour que les équipes éducatives puissent mener à bien des projets dont elles ont l’idée et qu’elles sont prêtes à évaluer, un espace pour le désir de bien exercer son métier et, osons le terme, pour le plaisir d’enseigner.
Responsabilisation des lycéens qui méritent aussi qu’on leur fasse confiance. Dans un pays qui se méfie de sa jeunesse et lui fait bien peu de place, c’est un des défis majeurs du lycée d’aujourd’hui. Que l’engagement des lycéens soit reconnu, qu’une part réelle leur soit donnée dans la prise de décision concernant les affaires du lycée, des budgets tout aussi réels à gérer, une co-responsabilisation dans leur évaluation, un espace -temps pour se chercher, se construire et s’ouvrir aux autres et au monde. Que le lycée soit pour tous l’espace-temps de l’accès au savoir mais aussi aux arts, à la culture, au monde, et notamment pour ceux qui, prisonniers de leur environnement ou de leur territoire, ne trouveront peut-être pas cette chance ailleurs ni à un autre moment.
Loyauté. Du système éducatif en premier lieu. Qui doit se donner comme objectif de garantir à tous les élèves les conditions d’une orientation mûrie dans le temps long, fondée sur une information claire et équitable, un questionnement et des rencontres. Avec le droit à l’erreur. Des passerelles pour changer d’orientation, des retours possibles à l’aune de l’effort fourni et des compétences acquises. Un fonctionnement qui pourrait promouvoir d’autres formes d’évaluation où les qualités humaines, les compétences aussi bien que les connaissances, seraient reconnues en premier lieu. Qui pourrait davantage faire confiance lui aussi, à chaque élève, en se donnant comme objectif d’aider chacun à trouver des points d’appui pour progresser. Au lieu de montrer sans cesse à ceux qui échouent dans le système scolaire, leurs lacunes, leurs faiblesses et d’entretenir la mésestime de soi.
Loyauté de ceux qui prennent les décisions enfin. Pour que le changement soit accompagné de son évaluation. Pour que la concertation et la délibération ne soient pas éphémères, mais un mode d’être et de gouvernance au sein de l’Education Nationale. Sa nouvelle respiration. Pour que le changement soit le fruit de l’écoute, de la prise en considération et du débat. Une façon d’agir qui serait un peu ce dont on voudrait proposer l’exemple aux générations montantes.